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Un livre qui remonte aux racines du soulèvement zapatiste
ParBF le 1 janvier 2010
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Un livre à lire à l’aube du centenaire de la Révolution mexicaine. L’auteure retrace ici les revendications politiques indigènes, de la conquête jusqu’au soulèvement zapatiste de 1994.

Au centre de ce livre, le Chiapas. Un Etat mexicain aux marges, paysan et pauvre. Pourtant, c’est aussi le lieu depuis lequel les problèmes de la redistribution des terres, des inégalités, de la discrimination et de l’entrée dans l’économie de marché ont été projetées au devant de la scène politique du pays.

Courtney Jung en donne le mérite aux organisations indigènes. L’EZLN  (armée zapatiste de libération nationale, insurrection menée par le sous commandant Marcos) en tête, ayant parvenu à focaliser l’attention nationale et internationale sur les discriminations structurelles au Mexique et les conséquences de la libéralisation du secteur agricole2 (chômage, émigration…). Mais l’auteur insiste aussi sur le fait que l’on ne peut comprendre ce soulèvement qu’à travers l’histoire de la paysannerie mexicaine.

192067727_b918946b5c_oLa colonie espagnole confina les autochtones au travail agricole, qui se trouvèrent par la suite  à la merci des privatisations de terre succédant à l’indépendance de la couronne. Les politiques corporatistes post-révolutionnaires maintinrent jusqu’aux années 1970 la paysannerie dans la dépendance. Les programmes de développement ainsi que l’accès au salariat d’une partie de la paysannerie permirent par la suite la formation de mobilisations paysannes d’opposition.  Mobilisations mises à mal par l’effondrement du mode de vie agricole dans les années 1980 et la chute de l’URSS. Jusque là pas ou très peu de traces de mobilisations en tant qu’ “Indigènes”.

C’est en fait l’émergence de l’attention nationale et internationale aux peuples autochtones dans les années 1990 qui a permis aux mobilisations paysannes chiapanèques (du Chiapas) de renouveler les termes de leurs lutte et de trouver un écho global. Les communautés rurales qui se trouvaient au centre du soulèvement de 1994 n’étaient donc pas celles ayant le plus conservé leurs langues et leurs coutumes mais les plus organisées politiquement à travers la vague d’opposition paysanne.

La conclusion de l’auteure en est qu’il faut abandonner le prisme culturel à travers lequel sont conçus les peuples autochtones. Il s’imposerait donc de mettre en place ou de revendiquer des mesures intégrales en matière de droits politiques, civiques et sociaux. Cela afin de mettre fin aux mécanismes d’exclusions structurels tels que ceux qui ont eu lieu vis à vis des paysans mexicains. L’auteure rejette  les politiques qui consistent à appliquer des mesures d’éducation bilingue ou d’autonomie locale sans respect des droits fondamentaux. De ce dernier point témoigne le traitement judiciaire du massacre d’Acteal ou de l’enlèvement de leaders de groupes de sans terres alors même que le Chiapas fait l’objet d’une mise en valeur touristique basée sur son côté « authentique ».

Un livre accessible pour un ouvrage scientifique dont on regrette simplement qu’il ne soit disponible qu’en langue anglaise. Une version castillane serait pourtant pour plaire au plus grand nombre sur le continent.

Courtney Jung, The Moral Force of Indigenous Politics: Critical Liberalism and the Zapatistas, Cambridge University Press, New York, 2008. 350 pp. 24 eur.

2Notamment via la fin de l’Accord International sur le Café en 1989, la privatisation des terres en 1992 et l’entrée en vigueur de l’ALENA en 1994.

Benoît Forcemaître.

Photo: Heart of oak sur Flickr.

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Vaness dit :
le 1 janvier 2010

http://www.jornada.unam.mx/2009/12/31/index.php?section=politica&article=008n1pol