pays, qualifiés
Quel destin pour l’Amérique latine au Mondial ?
ParAmericagora le 8 décembre 2009
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Ça y est, le monde sait. Le tirage au sort des poules pour le premier tour de la coupe du monde de football qui aura lieu en Afrique du Sud l’été prochain a été effectué. Focus sur les réjouissances attendues pour les sept équipes sud-américaines qualifiées pour le Mondial 2010 : l’Argentine, le Brésil, le Chili, Le Honduras, le Mexique, le Paraguay et l’Uruguay.

A tout seigneur, tout honneur, commençons par le Brésil, quintuple champion du monde (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002), seule nation à avoir participé à toutes les phases finales de la coupe du monde (19). La Seleçao hérite du groupe G, l’un des plus relevés de la compétition (certains se sont empressés de l’appeler « groupe de la mort », comme il est de coutume avant chaque Mondial). Le principal adversaire des joueurs Auriverde se nomme le Portugal, outsider depuis de nombreuses années, demi-finaliste en 2006, mais qui s’est qualifié dans la douleur, à la manière des Bleus, puisqu’ayant dû passer par les barrages de la zone Europe.

La Côte-d’Ivoire, l’une des meilleures nations africaines depuis des années, qui compte dans ses rangs des joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens (Didier Drogba et Salomon Kalou à Chelsea, Yaya Touré à Barcelone, etc.), sera un adversaire à ne pas sous-estimer pour les troupes de Dunga, le sélectionneur et ancien capitaine brésilien. Enfin, à l’image du pays, la très secrète équipe de Corée du Nord sera le petit Poucet et risque de se faire manger tout cru par les trois ogres du groupe. Elle tentera l’impossible, à savoir accrocher un point, pour sa deuxième participation à un Mondial depuis 1966.

stadeEn résumé, le Brésil a toutes les cartes en main pour se sortir de ce groupe ardu, avec des joueurs qui peuvent faire la différence à tout moment (Kaka, Robinho, Luis Fabiano) mais qui devront jouer en équipe et éviter une cruelle désillusion, semblable à celle de 2006 (élimination en quart de finale par la France).

L’Argentine, autre mastodonte du continent sud-américain, malgré une des meilleures équipes de son histoire sur le papier, a eu toutes les peines du monde à se qualifier pour le rendez-vous sud-africain, n’arrachant son billet que lors de la dernière journée des éliminatoires. Avec Diego Maradona aux commandes et des attaquants parmi les meilleurs au monde (Messi, Tevez, Aguero), l’Argentine a fière allure, encore doit-elle le démontrer sur le terrain, ce qui est loin d’être le cas jusqu’à présent. Reversée dans un groupe B homogène, la formation Albiceleste ira se frotter à la Corée du Sud, au Nigéria et à la Grèce, trois équipes loin de leur lustre d’antan. Les Sud-Coréens, surprise du Mondial 2002, organisé conjointement avec le Japon, avaient alors atteint les demi-finales à la surprise générale (même si la bienveillance des arbitres et les méthodes controversées du sélectionneur de l’époque, Gus Hiddink, restent sujettes à caution).

Ils apparaissent néanmoins aujourd’hui comme l’équipe la plus faible du groupe, malgré la présence de la star Park Ji-sung, joueur de Manchester United. Le Nigéria, qualifié dans les dernières minutes de la dernière journée des éliminatoires aux dépens de la Tunisie, n’est plus l’équipe flamboyante de la fin des années 1990 (championne olympique à Atlanta en 1996) symbolisée par le virevoltant Jay-Jay Okocha. S’appuyant sur des joueurs tels que le Marseillais Taye Taiwo ou l’ex-Lillois Peter Odemwingie, les Super Eagles auront probablement leur mot à dire dans ce groupe.

Enfin, la Grèce, elle aussi barragiste en novembre dernier, championne d’Europe en 2004 conserve la recette qui a fait son succès : une défense de fer et des attaquants à ne pas sous-estimer (Salpigindis, Gekas, Charisteas). Cela suffira-t-il à la bande de l’allemand Otto Rehhagel, déjà à la tête de la sélection lors du sacre européen, pour se qualifier pour les 8èmes de finale ? Rien n’est moins sûr.

L’Argentine reste donc la favorite de ce groupe, même si son jeu reste à mettre en place et reposera en grande partie sur les épaules du Ballon d’Or France Football 2010, Lionel Messi.

Le Paraguay, quant à lui, a une très belle carte à jouer dans ce Mondial, au sein du groupe F. Tout le monde se souvient de l’équipe de 1998, emmenée par l’autoproclamé meilleur gardien du monde, José-Luis Chilavert, battue au bout du suspense par un but en or de Laurent Blanc. L’équipe actuelle, emmenée par le buteur de Manchester City, Roque Santa Cruz, devra composer avec les champions du monde italiens qui semblent un cran au-dessus malgré une équipe vieillissante à tous les postes et dont on a vu les faiblesses lors de la dernière Coupe des Confédérations (élimination piteuse au 1er tour), avec la Nouvelle-Zélande, une des équipes supposées les plus faibles de la compétition, avec des joueurs de seconde zone, et enfin la Slovaquie dont ce sera la première participation à un Mondial. Le Paraguay a donc toutes ses chances de rééditer sa performance de 1998.

Dans le groupe H, le Chili a hérité de l’Espagne, du Honduras et de la Suisse. Côté chilien, les gloires d’antan (Marcelo Salas, Ivan Zamorano) sont désormais à la retraite mais la sélection chilienne peut compter sur la star du CF Monterrey, Humberto Suazo, pour espérer passer un premier tour à sa portée. L’Espagne, grandissime favorite pour soulever le trophée le 11 juillet prochain à Johannesburg, semble intouchable dans ce groupe et la première place est promise aux champions d’Europe 2008, auteur d’un parcours sans-faute en éliminatoires.

La seconde place qualificative se jouera donc probablement entre le Chili et la Suisse qui a fini première de son groupe de qualifications et qui doit se faire pardonner son élimination au premier tour de l’Euro 2008, organisé sur ses terres. Enfin, le Honduras servira d’arbitre, les joueurs d’Amérique centrale semblant bien inexpérimentés, pour leur deuxième participation à une coupe du monde après l’édition de 1982.

Enfin, dernière équipe à s’être qualifiée pour la Coupe du Monde, l’Uruguay a arraché son billet face au Costa Rica (0-1, 1-1) en barrages. L’Uruguay se rappellera au mauvais souvenir des Bleus qu’ils avaient tenus en échec dans une ambiance délétère en 2002 (0-0). La star de l’époque, Dario Silva, s’est fait amputer la jambe suite à un accident de voiture, mais la Celeste pourra s’appuyer sur l’attaquant de l’Atletico Madrid, Diego Forlan, pichichi (meilleur buteur) de la Liga l’an dernier.

L’équipe de France devrait toutefois finir à la première place, dans un des groupes les plus faibles de la compétition, malgré la qualification ô combien controversée en barrages face à de valeureux Irlandais. Se trouvent également dans ce groupe A, l’Afrique du Sud, pays hôte de la compétition qui devra compenser la faiblesse de ses joueurs (à l’exception notable de Benny MacCarthy, revenu en grâce aux yeux du nouveau sélectionneur, Carlos Alberto Parreira) par une motivation sans faille devant un public que l’on imagine déjà bouillant. Enfin, le Mexique avec un effectif de qualité sera une équipe à prendre très au sérieux pour les Uruguayens qui peuvent se prendre à rêver.

Avec cinq équipes qualifiées pour la phase finale de la Coupe du Monde (autant qu’en 2002, mais plus qu’en 2006), l’Amérique latine sera représentée par des équipes aguerries à cette compétition (huitième participation au minimum pour chacune des équipes). On peut espérer qu’au moins trois d’entre elles se qualifient pour les huitièmes de finale, tout en rappelant qu’une mauvaise surprise est vite arrivée, en témoigne l’élimination surprise de l’Argentine en 2002 dès le premier tour. En espérant que les stars du ballon rond répondent présent en juin prochain, rendez-vous en Afrique du Sud !

Pierre BOUCHAUD.

Photo: Http2007 sur Flickr.

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