Une centaine de personnes se sont rassemblées mercredi 8 juillet place de la République à Paris pour dénoncer le coup d’État au Honduras et les massacres commis en Amazonie par l’armée péruvienne et le gouvernement García. Dans la foule, beaucoup de drapeaux du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et quelques uns des Verts. Le MRAP et le NPA étaient également présents au rassemblement auquel se sont joints quelques passants. Après plusieurs interventions d’associations latino-américaines en France (dont la Fédération des étudiants honduriens, l’Unipomap et France Amérique latine), de la guitare et les chants des luttes latino-américaines ont animé le rassemblement.
Si les drapeaux des partis politiques furent très visibles, aucun tract d’explication de la situation et de condamnation du coup d’État sans étiquette ou signé collectivement n’a été distribué. Des drapeaux cubains et vénézuéliens, sans rapports directs avec la situation parachevaient la polarisation du débat autour du pro ou de l’anti chavisme alors que la question hondurienne se polarise surtout autour de l’autoritarisme militaire et de la défense de l’institution d’un président démocratiquement élu: Manuel Zelaya.
Un rassemblement avait déjà eu lieu place St Michel à Paris le 2 juillet dernier. L’objectif était également la “lutte pour la démocratie et le respect de droits de l’homme” dans un pays dont les coups d’Etat -au nombre de quatre depuis la seconde moitié du XXe siècle-, n’avaient jusqu’alors pas mobilisé grande attention. Le rassemblement avait été salué par Manuel Zelaya qui avait téléphoné à ses partisans à Paris pour les remercier. La Fédération Internationale des droits de l’homme avait également émis un communiqué condamnant le coup d’Etat.
Au Honduras, les opposants au nouveau président de facto Roberto Micheletti -nommé en remplacement après l’expulsion de Manuel Zelaya- poursuivent leurs manifestations et leurs grèves. Sous la répression des putschistes, le nombre de morts et d’arrestations grandit chaque jour. Un groupe d’étudiants Honduriens a publié une vidéo sur un site de partage en ligne pour critiquer la chape de plomb qui règne sur les médias. Sous le titre ironique de ” il ne se passe rien au Honduras”, la vidéo tend à montrer en silence la répression policière et militaire.
Benoît Forcemaître
Photo: Yamil Gonzales
Pour aller plus loin:
L’analyse approfondie du coup d’État au Honduras par l’Observatoire Politique de l’Amérique Latine et des Caraïbes (OPALC): Coup d’État au Honduras et perspective historique d’un phénomène nouveau.