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Le sous-commandant Marcos subventionné par l’ETA?
ParAmericagora le 3 avril 2010
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Un anonyme, qui se dit déserteur de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, livre à la presse mexicaine des informations explosives qui mettent en exergue des liens financiers supposés entre le mouvement néo-zapatiste et l’organisation terroriste basque. Un million d’euros auraient été versés aux rebelles sans visages de la forêt Lacandone.

-De Mexico-

Le grand journal mexicain conservateur Reforma, a publié fin mars 2010 le témoignage accablant d’un membre de l’EZLN qui affirme avoir abandonné le mouvement insurgé mexicain. L’informateur anonyme, qui prétend avoir « atteint un poste de haut rang au sein de la structure milicienne », a adressé au journal un document qui révèle les identités, numéros de téléphone, et modèles de voitures utilisés par le « Sub » Marcos et ses acolytes.

474228148_01b8391b8f_oCerise sur le taco, l’ex-zapatiste livre 3 photos montrant le sous-commandant Marcos sans son légendaire passe-montagne. Du jamais vu depuis la publication en 1995 par les autorités mexicaines des images du visage de Rafael Sebastián Guillén Vicente, ancien professeur de la Universidad Autónoma Metropolitana de Mexico, présenté officiellement comme l’identité réelle de Marcos.

On entrevoit sur ces clichés un homme barbu et maigre, une apparence qui contraste beaucoup avec l’embonpoint qu’avait laissé apprécier Marcos lors de ses dernières apparitions publiques en 2006.

Mais la « bombe » que révèle Reforma concerne surtout les liens financiers qui semblent s’être établis entre les insurgés du Chiapas et les artificiers basques…

Selon l’article «des visiteurs étrangers » italiens et basques auraient livré dernièrement « 750 000 euros, puis 350 000 à l’Assemblée de Bon Gouvernement de la Garrucha, le lieu où est établi le campement militaire le plus important de l’EZLN ». Le journal assure que ces révélations constituent « les preuves de la relation de l’EZLN avec l’organisation terroriste basque ETA ».

Quel crédit accorder aux déclarations d’un renégat anonyme qui balance ses anciens potes du maquis lacandon ? La fabrication de preuves et l’apparition opportune de témoins mystérieux est une pratique courante au Mexique.

On sait aussi que les militants se récupèrent facilement, dans un pays où (quoi qu’on en dise) on préfère souvent les « bons arrangements entre amis » à un déferlement de violence. Pancho Villa, le Centaure du Nord, héro de la révolution mexicaine, ne s’est-il pas vu offrir une superbe hacienda pour finir sa vie en échange de la reddition ?

Il n’empêche, ce témoignage –vrai ou pas- tape là où ça fait mal… Le 12 octobre 2002 Marcos s’était attiré l’opprobre quasi unanime en réalisant une déclaration fracassante dans laquelle il défendait le droit du peuple basque à « lutter politiquement pour une cause qui est légitime», traitant par la même occasion le juge espagnol Baltazar Garzón de «clown grotesque» pour avoir «déclaré illégale la lutte politique du pays basque»…

S’aliénant par là-même le soutien d’une bonne partie de son fan-club international le « Comandante Cero» s’était alors plongé dans un silence médiatique donc il n’est ressorti que brièvement en 2005, à l’occasion de la Otra Campaña, initiative indépendante en faveur de la participation populaire réalisée en parallèle des élections présidentielles mexicaines de 2006.

Une attaque contre le mouvement zapatiste qui tombe donc à point nommé dans un contexte de militarisation croissante du pays et alors que les groupes zapatistes, encerclés de toutes part, semblent à bout de souffle.

Dans ce combat inégal, le véritable terrain de bataille est depuis bien longtemps médiatique : d’ors et déjà, les législateurs mexicains de tout bords ont demandé l’ouverture d’une enquête sur ces liens financiers supposés entre l’ETA et l’EZLN.

Mardi 30 mai, Magdalena Gómez, de la Jornada s’interrogeait : « qu’y a-t-il derrière cette volonté de faire le rapprochement entre le zapatisme et une organisation comme l’ETA ? Pourquoi oublie-t-on la condamnation publique du terrorisme sous toutes ses formes qu’a faîte Marcos au cours d’un échange épistolaire conflictuel avec l’ETA ?

« Nous ne savons pas si l’attaque sera seulement médiatique ou s’il faut y voir l’annonce d’une offensive de plus grande ampleur de la part de l’état ; c’est une possibilité qu’on ne peut pas écarter. », conclue-t-elle.

La première balle est tirée, quelle sera la riposte des zapatistes ?

Nicolas Quirion.

Photo: Esparta, Flickr.

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Nico dit :
le 7 avril 2010

Marrant, d'après Jean-Pierre Petit-Gras de Médiapart "Le Marcos de la photo est un activiste italien solidaire des communautés zapatistes, Leuccio Rizzo. Des centaines de personnes ont immédiatement reconnu le jeune homme, et celui-ci réclame en vain une rectification de la part de Reforma." http://www.mediapart.fr/club/edition/les-autres-ameriques/article/050410/mexique-journalistes-assassines-journalisme-assassi

DJ Toto dit :
le 14 avril 2010

surtout, à part relayer les rumeurs de Reforma, cet article n'a pas grand intérêt!

DJ Toto dit :
le 15 avril 2010

Et je complete mon message précédent. En effet, le titre sous entend une réponse positive. ça aurait pu commencer par "rumeurs de ... " ou "accusations de...". De façon générale, la distinction entre ce qu'a dit "Reforma" et la réalité n'est pas faite tres clairement: "le témoignage accablant d’un membre de l’EZLN" ; "Cerise sur le taco" ; "Du jamais vu" ; "la « bombe »", utilisation du présent sur les 4 premiers paragraphe, on s'y croit vraiment et on dirait que la phrase en gras a été rajoutée pour "équilibrer". On se demande si le site a une ligne éditoriale. Ou une certaine éthique. Serait il utile de rappeler que le relais de ce genre de rumeur avec si peu de précaution donne de l'eau au moulin du discours gouvernemental mexicain, ce qui n'est vraiment pas chose souhaitable. "Un million d’euros auraient été versés aux rebelles sans visages de la forêt Lacandone." = on sait tout de même qu'ils ont caché leur visage pour mieux le montrer, ou pour qu'on le regarde enfin: celui d'une paysannerie discriminée qui lutte pour ses droits. "On sait aussi que les militants se récupèrent facilement, dans un pays où (quoi qu’on en dise) on préfère souvent les « bons arrangements entre amis » à un déferlement de violence." d'oú sort ce stéréotype (et je passe la "cerise sur le taco")? La révolution mexicaine a duré de nombreuses années! Aussi je trouve que c'est relayer le stéréotype de la corruption à tous les étages et je trouve ça assez peu approprié. A ce moment là on peut aussi dire que les Honduriens ont la gachette facile etc. "Il n’empêche, ce témoignage –vrai ou pas- tape là où ça fait mal […] traitant par la même occasion le juge espagnol Baltazar Garzón de «clown grotesque» pour avoir «déclaré illégale la lutte politique du pays basque»…" : voila qui sous entend que la rumeur serait fondée, que l'EZLN soutiendrait des actions violentes, ce qui n'a jamais été le cas. Il me semble que cela occulte vraiment la situation des gens sur place et leur forme de lutte non violente malgré les attaques - elles bien meurtrieres pour le coup - des paramilitaires et de l'armée. "son fan-club international" : serait il utile de préciser que cet article ne parle pas de Manu Chao? "Une attaque contre le mouvement zapatiste qui tombe donc à point nommé" ; "encerclés de toutes part, semblent à bout de souffle." : Finalement l'auteur à l'air de s'en réjouir. Entre ça et le fan club, on se demande ce qu'il pense de paysans qui survivent sous occupation militaire dans la jungle. Une petite ligne sur les conséquences de l'exploitation miniere canadienne au Chiapas? L'exploitation de la jungle? Les déplacements forcés de population? "La première balle est tirée, quelle sera la riposte des zapatistes ?": on a réellement l'impression qu'on parle d'un mouvement violent. Qui plus est qui travaillerait avec des terroristes. L'article se termine là dessus, alors que l'évenement le plus à craindre est une militarisation croissante du Chiapas sans considération pour la population. Et il semblerait que l'auteur de l'article n'en a pas beaucoup non plus. C'est sûr, comme le dit Jean Pierre Petit-Gras dans l'article cité par Nico que je vous recommande vivement: "Pour celui qui suit l'actualité mexicaine et latinoaméricaine depuis des années, les choses sont assez claires : les journalistes assassinés appartiennent pratiquement toujours à de petites feuilles locales, et ils sont tués parce qu'ils ont enquêté de trop près sur les agissements d'hommes politiques mafieux, de multinationales vertueuses, porteuses d'un « progrès » détruisant le cadre de vie de communautés entières, ou de bandes dont on ne sait jamais très bien si elles appartiennent au « crime organisé », ou aux « forces de l'ordre », ou aux deux à la fois. Mais il est une catégorie de journalistes qui, eux, ne prennent pas beaucoup de risques. Sinon celui de manquer gravement à la déontologie du métier. Une déontologie dont on imagine que la vérification des informations que l'on livre au lecteur fait partie des devoirs élémentaires de ce que l'on appelle l'honnêteté intellectuelle."

Nico dit :
le 15 avril 2010

Bonjour! Chouette du débat! Alors premièrement le Nico qui a laissé le premier commentaire avec le lien vers l'article de Jean-Pierre Petit-Gras et l'auteur de cet article ne sont qu'une seule et même personne, moi! Enchanté de faire votre connaissance... Deuxièmement je souhaite attirer votre attention sur le fait que cet article a été publié "dans le vif" juste après la publication de l'article de Reforma, et que son but (je pensais avoir été assez clair) était justement de démonter la rumeur, sans que ça ressemble non plus à un communiqué du comité de soutien au zapatistes. D'ailleurs au moment de l'écriture je n'avais rien lu d'autre en français sur le sujet si ce n'est de très courts articles mentionnant seulement les "photos" de Marcos (sur Slate et je sais plus quoi d'autre). Alors bien entendu je ne suis pas spécialiste du mouvement zapatiste mais ça m'intéressait de creuser un peu le sujet pour les lecteurs non hispanophones. Vous parlez d'éthique, de déontologie, j'en suis fort aise! Mais pourquoi voudriez-vous alors que j'oublie de mentionner qu'à un moment donné les déclarations de Marcos sur L'ETA ont fait véritablement (et à juste titre) scandale? De plus, si je mentionne ce fait je rappelle également via un citation de la Jornada que Marcos avait fait marche arrière toute en ce qui concerne l'usage "du terrorisme sous toutes ses formes". Les zapatiste un mouvement violent? Non je ne crois pas et je vous ramène à mon texte: "Dans ce combat inégal, le véritable terrain de bataille est depuis bien longtemps médiatique". Vous dîtes que dès le titre et l'introduction je semble appeler à une condamnation des zapatistes... Soit, si on s'arrête aux premières ligne et qu'on lit vite ça peut se concevoir. Mais en fait je pense que c'est surtout votre lecture qui est biaisée, car d'après ce que j'ai cru comprendre ce sujet vous touche de près. J'en suis désolé, mais remettez un peu les chose dans leur contexte et relisez bien, je pense que vous changerez d'avis! Pour le reste vous me reprochez une certaine légèreté dans le ton ... Je vous renverrai avec grand plaisir vers cette géniale (comme presque toujours) déclaration de Marcos - justement dans une lettre ouverte à l'ETA: "Nous, par principe, nous ne prenons personne au sérieux, même pas nous. Parce que ceux qui se prennent au sérieux finissent par penser que leur vérité doit être la vérité pour tout le monde et pour toujours. Et que, tôt ou tard, ils consacrent tous leurs efforts non pas à ce que leur vérité naisse, grandisse, donne ses fruits et meure (car aucune vérité sur Terre n’est absolue et éternelle), mais à tuer tous ceux qui ne se soumettent pas à cette vérité." Cordialement, Nicolas Quirion.

Ewan dit :
le 29 novembre 2010

Bah je me souviens de la lettre de l'ETA à l'EZLN et celle de l'EZLN à ETA on peut pas dire qu'il était sur la meme longueur d'onde..... la réponse de l'EZLN à ces cuistres basques était proprement hilarante la démarche de mediation calamiteuse initée par le sub (qui s'est fait remonter les bretelles par ses copains) ne résulte-t-elle pas d'une uniformisation situationnelle simpliste ? (oui ya pas que lui qui sait etre verbeux lol) les ptits exces de la police anti terro espagnol, la minorité en lutte etc etc ptet que le sub se croyait toujours a ETA berri ou ETA VI (ce qui n'est pas une excuse)