Le président mexicain détourne politiquement la mort de Jackson
ParAmericagora le 30 juin 2009
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Vendredi  26 juin, à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le président conservateur du Mexique s’est improvisé médecin-légiste et prêcheur  pour condamner l’usage de stupéfiants. Lors de son intervention, il a affirmé que Michael Jackson était mort de « l’usage excessif » de drogues ; et que le recul de la foi en Dieu chez les jeunes créait  un terrain fertile pour les addictions.
« Quel paradoxe de recevoir aujourd’hui la confirmation que l’idole de plusieurs générations, le plus grand vendeur de disque pop, est mort précisément d’un usage excessif de drogues ».
C’est par cette déclaration tonitruante que, sans le désigner nommément, Felipe Calderón a apporté vendredi dernier sa pierre à l’édifice des plus belles « Jacksonneries ».
Anticipant de  manière très péremptoire les résultats d’une enquête qui devrait prendre des mois, le président mexicain a donc choisi de se faire l’écho des déclarations de Joe Jackson selon lesquelles sa rock-star de fils eut souffert les affres d’une addiction à la morphine et à quelques cochonneries prescrites médicalement.
Le service de presse de la présidence s’est empressé ce week-end de rectifier le tir en appelant les agences de presse du monde entier pour leur assurer que, par cette déclaration un peu  hâtive, le président  avait simplement voulu extérioriser sa  peine face au décès de l’idole pop…
Mais laissons donc à Felipe Calderón le bénéfice du doute dans cette affaire relativement futile. Et considérons plutôt la « bombe » lâchée par le dirigeant de ce pays en proie  à une augmentation spectaculaire de la consommation de substances illicites.

L’athéisme, chemin vers l’addiction, selon Calderón
« Les jeunes ne croient pas en Dieu, car ils ne le connaissent pas (…) ce manque de repères crée un terrain fertile pour les addictions. »
Cette déclaration qui fait de la foi un problème de santé publique est en effet autrement plus préoccupante !
Au-delà de l’atteinte évidente à la laïcité il est intéressant de constater la portée éventuelle de ces propos dans un pays où le système de santé reste bien souvent défaillant. Face au manque d’infrastructures pour accueillir les alcooliques et les toxicomanes, les « centros de rehabilitación » se sont transformés en un véritable business au Mexique.
Inévitablement, dans un pays où l’irrationnel est très présent, un nombre très important des  centres de cure affichent des méthodes basées sur une démarche spirituelle. Or, le peu de moyens mis  à disposition par le gouvernement pour contrôler ces lieux donne lieu à de très nombreux cas d’abus et de mauvais traitements, qui n’épargnent pas les centres à l’identité religieuse affichée.

Mais une autre contradiction -et pas des moindres !- que l’ont peut relever dans les propos de Calderón réside surement dans l’incroyable ferveur religieuse dont font preuve  les narcotrafiquants mexicains.  Des généreux dons faits à l’église catholique en passant par le culte de la Sainte Mort ou de Jésus Malverde, les”narcos” que combat tant le président mexicain  ont, semble-t-il, une vie spirituelle bien remplie !

Cette prise de position semble battre en brèche le timide débat allant dans le sens de la dépénalisation des drogues et qui a surgit ces derniers mois au Mexique.

Nicolas Quirion

A Lire également :
La Jornada : « ne pas croire en Dieu rend la jeunesse esclave des drogues »

La déclaration du président mexicain, du journal El Universal:

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Floflo dit :
le 5 juillet 2009

Information intéressante