Le livre que Chavez a offert à Obama
ParAmericagora le 29 avril 2009
x
Envoyez cet article à vos contacts
Votre nom
Adresse e-mail du destinataire
Ajoutez une précision

Tout le monde le sait déjà : lors du Sommet des Amériques, à Trinité-et-Tobago, Hugo Chávez a offert un livre à Barack Obama : Las venas abiertas de América Latina (Les veines ouvertes de l’Amérique latine) de l’écrivain et journaliste uruguayen Eduardo Galeano.

Ce n’est pas la première fois que le pétulant président vénézuélien joue au conseiller littéraire. En 2007, en pleine Assemblée générale de l’ONU, il avait conseillé ouvertement la lecture d’un ouvrage de Noam Chomsky, Dominer le monde ou sauver la planète ? : L’Amérique en quête d’hégémonie mondiale, lors d’une intervention plutôt remarquée durant laquelle il avait traité Georges Bush de démon.Les veines ouvertes de l'Amérique latine

Une fois de plus, Chávez réalise un beau coup médiatique. Pour lui (qui s’offre une poignée de main « réconciliatrice » avec le président des États-Unis) et pour le livre : en deux jours, celui-ci a été propulsé parmi les meilleures ventes sur Amazon.com, passant de la 54295e place à la 6e ! Sur Amazon.fr, il est actuellement classé en 37e position, pas mal non plus… Un débat s’est même ouvert sur Amazon : Obama aurait-il dû accepter ce livre venant du méchant Chávez?

Et le contenu de l’ouvrage? Tout Latino-américain tant soit peu intellectuel sait qu’il s’agit d’un classique des années 1970, un essai à la tonalité résolument de gauche qui analyse l’histoire de l’Amérique latine à travers le prisme des colonisations dont elle fut victime durant cinq siècles. Amérique latine spoliée, victime de tous les abus de la part de puissances coloniales et néo-coloniales qui ont pillé à tous crins ses ressources naturelles. Dérangeant, le livre a été interdit en Argentine, en Uruguay et au Chili durant la période des dictatures. Son auteur a dû s’exiler de 1973 à 1985.

Toujours actuellement, Las venas abiertas de América latina figure parmi les lectures obligatoires de tout étudiant en sciences humaines qui se respecte et il n’est pas rare de trouver cet ouvrage au kiosque du coin, aux côtés de El Profeta de Khalil Gibran ou de El Alquimista de Paulo Coelho.

Reste à savoir si Barack Obama lira ce cadeau « empoisonné ».

Jean-Luc Crucifix, résident au Venezuela et blogueur associé à Americagora.com

Réagir
CP dit :
le 30 avril 2009

Petit détail piquant : On voit sur la photo que Chavez lui a offert une version en espagnol...