Attaquer Chavez et Correa est devenu une véritable stratégie politique, à quelques mois d’un référendum.
C’est l’histoire d’une campagne de publicité politique en Colombie. Elle a même alimenté les conversations des chefs d’Etat sudaméricains le 28 août lors du sommet de l’Unasur. Un sénateur colombien a utilisé l’image d’Hugo Chavez comme thème de campagne électorale. L’événement n’est pas anodin, car la campagne de publicité politique “hey réveille-toi !” est menée par l’un des plus ardents défenseurs d’Uribe. Armando Benedetti, sénateur du Parti de la U (Parti Social d’Unité National) a fait poser des dizaines de panneaux publicitaires dans les rues de Bogota, la capitale colombienne. Ils sont consultables ici. Ceux-ci reprennent des phrases de Chavez et Correa, les présidents de gauche du Venezuela, et de l’Equateur, qui ont défrayé la chronique en Colombie. Les chefs d’Etat y sont représentés les yeux fermés; avec juste en dessous un message les incitant à”ouvrir les yeux”. Le sénateur Benedetti livre ensuite sa réponse très nationaliste.
Les déclarations des présidents vénézuélien et équatorien et le traitement qu’en a fait la presse ont réveillé beaucoup d’animosité chez les Colombiens. Attaquer Hugo Chavez est devenu une stratégie politique payante, permettant à son utilisateur de se poser en patriotique défenseur des intérêts de la Colombie.
À quelques mois d’un possible référendum qui pourrait permettre à Uribe de se représenter une troisième fois, ces actions, de la part de membres de la majorité, vont bien au-delà de l’horizon des prochaines élections législatives. Elles s’inscrivent dans la permanente légitimation du régime, qui ajoute à l’ennemi interne, la guérilla des Farc, l’ennemi externe, en l’occurrence les chefs de file de la gauche latinoaméricaine.
On se souvient de Rodrigo Rivera, passionné partisan d’Uribe, qui lançait récemment un appel à réélire ce dernier pour sauver la Colombie de ses “ennemis internes et externes”. Les FARC seraient fortes, disait-il, des “pétrodollars de l’extérieur”.
Ces stratégies électorales constituent clairement un danger pour les relations entre la Colombie et ses voisins. Au moment où l’on pouvait s’attendre à une normalisation des relations avec l’Équateur, gelées depuis mars 2008, elles peuvent être néfastes.
Jacobo GRAJALES