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	<title>Americagora &#187; Economie</title>
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		<title>L&#8217;Équateur voudrait voir l’avenir en vert</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 16:49:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Americagora</dc:creator>
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Refuser d&#8217;exploiter les gisements de pétrole en Amazonie pour respecter l&#8217;environnement? C&#8217;est le choix de l&#8217;Équateur, qui souhaite instaurer en échange une compensation financière internationale.
Les Taromenani et Tagaeri, deux peuples volontairement isolés en Amazonie équatorienne sont sûrement loin d’imaginer qu’ils sont cités dans les journaux, et que l’on parle autant d’eux dans les sphères [...]]]></description>
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<p><strong>Refuser d&#8217;exploiter les gisements de pétrole en Amazonie pour respecter l&#8217;environnement? C&#8217;est le choix de l&#8217;Équateur, qui souhaite instaurer en échange une compensation financière internationale.<span id="more-1393"></span></strong></p>
<p>Les Taromenani et Tagaeri, deux peuples volontairement isolés en Amazonie équatorienne sont sûrement loin d’imaginer qu’ils sont cités dans les journaux, et que l’on parle autant d’eux dans les sphères du pouvoir, en Équateur et dans le monde entier. Ce qu’ils savent en revanche mieux que les journalistes et les hommes politiques, c’est qu’ils vivent dans un endroit unique au monde,  le parc Yasuni. L’une des réserves de biosphère de la planète, un paradis vert au cœur de l’Amazonie, à 300 kilomètres et 12 heures de pirogue de Quito, la capitale du pays. On raconte que l’on trouve autant d’espèces d’arbre dans un seul hectare de cette partie de la jungle que dans toute l’Amérique du Nord. 1500 espèces d’arbres, 500 espèces d’oiseaux, 40% des mammifères de toute l’Amazonie&#8230;Un véritable or vert qui dissimule une autre richesse, bien plus convoitée : l’or noir, le pétrole. Près de 850 millions de barils reposent dans cette région que l’Unesco a classée « réserve mondiale de la biosphère » en 1989.</p>
<p><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/04/Petrole-Amazonie1.JPG"><img class="alignleft size-medium wp-image-1399" style="border: 1px solid black; margin: 1px;" title="Petrole Amazonie" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/04/Petrole-Amazonie1-258x300.jpg" alt="Petrole Amazonie" width="258" height="300" /></a>Une aubaine pour le plus petit des pays andins dont la moitié des revenus provient de l’exportation du brut. Le pétrole du Yasuni, qui constitue 20% des réserves nationales de brut, pourrait rapporter près de 7 milliards de dollars au pays. Pourtant le brut est toujours sous terre. L’Equateur a dit non. Non à l’exploitation, non aux bénéfices mais aussi non à la pollution et à la probable disparition de deux tribus isolées, les Taromenani et les Taegari ainsi que leurs voisins Waorani.</p>
<p><strong>Provocations et démissions. </strong>Non, à une condition. Une compensation financière, une participation mondiale, un effort des pays développés pour protéger un bien commun à l’humanité, l’Amazonie. L’Equateur demande donc aux pays riches de verser de l’argent pour alimenter un fonds qui permettra aux Equatoriens de se passer de l’argent du pétrole. Grâce à ce fonds, des projets d’éducation, de santé, de protection de l’environnement pourront être menés en Amazonie et dans tout le pays. C’est le projet phare du gouvernement Correa , le projet « Yasuni ITT », un sigle pour le nom des trois forages d’exploration se trouvant dans la zone  : Ishpingo-Tambococha-Tiputini.</p>
<p>Ne restait qu’à transformer ces mots en action. Le sommet de Copenhague, en décembre 2009 constitue une occasion en or pour mettre en avant les idées d’un petit pays sud-américain. Les pays européens commencent à faire des promesses de contribution, le projet s’affiche peu à peu dans les médias. C’est sans compter sur le goût du rebondissement du président équatorien. Rafael Correa refuse que l’ONU mette les pieds dans son pays pour surveiller la mise en place du « Yasuni ITT ». C’était pourtant la condition des pays donateurs. Pour le président équatorien, ce serait une perte de souveraineté nationale. L’équipe « Yasuni ITT » démissionne, en désaccord avec le président.</p>
<p>Février 2009. Nouvelle équipe. La protection du sous-sol amazonien est toujours au programme. Pour Matthieu le Quang, chercheur en sciences sociales à l’Institut d&#8217;études politiques d’Aix en Provence, collaborateur de l’équipe Yasuni ITT, &#8220;il y a désormais plusieurs défis&#8221;.</p>
<p><strong><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/04/SON1-Yasuni.mp3">Sonore 1 Yasuni    &#8220;Il faut rebondir sur l&#8217;échec de Copenhague&#8221;<br />
</a></strong></p>
<p>A Quito, le nouveau <em>« fideicomiso »</em> qui définit les conditions d’application du projet vient d’être approuvé par le président. Après l’accord du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), la feuille de route devrait être signée le 22 avril à Cochabamba en Bolivie à la Conférence Mondiale des peuples sur le changement climatique. Tout un symbole&#8230;Le projet devrait repartir de l’avant.</p>
<p>Des doutes subsistent, cependant. En Equateur, un des anciens membres de l’équipe, Roque Sevilla a fait une sortie médiatique fracassante en annonçant que le gouvernement est en train de renoncer. Correa voudrait exploiter le pétrole. Il aurait accordé une licence d’exploitation à Petroecuador, l’entreprise pétrolière nationale, et serait en train d’adopter le plan B, c’est à dire l&#8217;exploitation des gisements du Yasuni. Autre condition primordiale à la réussite du projet : les contributions financières des pays développés. Car il y a peu de promesses concrètes pour le moment. L&#8217;Allemagne serait prête à donner, la Belgique aussi. L’Espagne et la France proposent, en revanche une annulation de la dette, ce qui, selon Matthieu le Quang, serait une fausse bonne idée.<strong> </strong></p>
<p><strong> <a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/04/SON2-Yasuni.mp3">Sonore 2 Yasuni</a></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Certains enfin, bien que défenseurs de l’environnement, jugent le <strong>projet insuffisant</strong>. Le « Yasuni ITT » attire l’attention internationale sur une partie minoritaire de la forêt sans s’intéresser aux destructions déjà perpétrées par les compagnies déjà présentes dans la jungle. Pour eux, ce projet n’est qu’un alibi, l’arbre qui cache les dégradations massives de la forêt amazonienne.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Julie Banos.</strong></p>
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		<title>L&#8217;enfer des maquiladoras</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 09:32:59 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Médecins du monde a mené une enquête dans les usines du Guatemala. Près de 100.000 femmes y travaillent dans des conditions difficiles, pour un salaire de misère.
Le travail commence à 6h du matin. Jusqu&#8217;à 18h30, les femmes employées dans les maquiladoras (usines employant une main d&#8217;œuvre peu chère) racontent qu&#8217;elle cousent, emballent, marquent et vérifient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Médecins du monde a mené une enquête dans les usines du Guatemala. Près de 100.000 femmes y travaillent dans des conditions difficiles, pour un salaire de misère.<span id="more-1378"></span><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/03/machine-à-c.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1379" style="border: 1px solid black; margin: 1px;" title="machine à c" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/03/machine-à-c.jpg" alt="machine à c" width="300" height="219" /></a></p>
<p>Le travail commence à 6h du matin. Jusqu&#8217;à 18h30, les femmes employées dans les maquiladoras (usines employant une main d&#8217;œuvre peu chère) racontent qu&#8217;elle cousent, emballent, marquent et vérifient les vêtements. Répétant ainsi des milliers de fois le même geste souvent sous la pression hiérarchique, et ce, pour un salaire de 4 euros par jour, qui ne permet pas de faire vivre une famille.</p>
<p>Selon l&#8217;ONG Médecins du Monde (MDM) qui a publié une enquête fin février 2010, sur les 589  femmes qui ont témoignées, 90% ont fait état de mauvais traitements. Un enfer quotidien qui s&#8217;ajoute au non respect du droit du travail puisque beaucoup de ces travailleuses n&#8217;ont pas de couverture maladie.</p>
<p>Une enquête et des témoignages à lire sur le site de <a href="http://www.medecinsdumonde.org/fr/Presse/Communiques-de-presse/International/Maquilas-Bienvenue-en-zone-de-non-droit" target="_blank">Médecins du monde</a>.</p>
<p><a href="http://www.medecinsdumonde.org/fr/content/download/13696/147861/file/DP%208mars2010_Guatemala_MedecinsduMonde.pdf" target="_blank">Le rapport est à télécharger ici</a> (PDF).</p>
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		<title>La production de cocaïne augmente considérablement au Pérou</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 09:11:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Où en est la production de cocaïne en Amérique du sud ? Elle a reculé en Colombie, mais explosé au Pérou. Explications. 
Le 24 février dernier a été rendu public le rapport 2009 du JIFE ( Junta Internacional de Fiscalización de Estupefacientes – groupe international de contrôle des stupéfiants-), un organisme de l’ONU qui publie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Où en est la production de cocaïne en Amérique du sud ? Elle a reculé en Colombie, mais explosé au Pérou. Explications. <span id="more-1375"></span></p>
<p>Le 24 février dernier a été rendu public le rapport 2009 du JIFE ( <em>Junta</em><em> Internacional de Fiscalizació</em><em>n de Estupefacientes</em> – groupe international de contrôle des stupéfiants-), un organisme de l’ONU qui publie chaque année une enquête approfondie sur la production de drogues dans le monde. <a href="http://www.incb.org/pdf/annual-report/2009/es/AR_09_Spanish.pdf" target="_blank">Ce rapport est disponible ici en PDF</a>.</p>
<p>Si l’Amérique Latine est la seconde zone de production en « tonnage » (loin derrière l’Asie), toutes drogues confondues, elle demeure cependant l’unique producteur de cocaïne dans le monde.  Fléau pour tout le continent, la cocaïne est considérée comme la première cause de déstabilisation de plusieurs Etats dans la région andine.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Réduction générale de la production sur l’ensemble de la zone…</strong></p>
<p><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/03/coca.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1376" style="border: 1px solid black; margin: 1px;" title="coca" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/03/coca-225x300.jpg" alt="coca" width="225" height="300" /></a>L&#8217;année 2008 a vu la production de cocaïne dans la zone se réduire de 15% par rapport à 2007 avec environ 845 tonnes, soit le volume le plus bas depuis 2003. Le rapport indique que cette réduction est essentiellement imputable aux importants efforts colombiens, mais le pays demeure de loin le premier producteur avec 430 tonnes, soit 51% de la production mondiale.</p>
<p>Fort d’une baisse de la production  de 28% en 2008, le gouvernement colombien ne tarit pas d’éloges sur ses nombreux programmes de lutte anti-drogue. Le programme d’éradication manuelle de la coca est notamment mis en avant par le ministère de la Défense. Il présente l’avantage de cibler efficacement les champs de coca par rapport à la dispersion aérienne de produits chimiques, qui détruit les autres cultures.</p>
<p>Ces activités génèrent cependant des troubles sociaux considérables dans des régions où cette plante a toujours été cultivée et consommée : disparition d’activité pour les communautés indigènes, violentes représailles des narcotrafiquants sur les populations locales, etc.</p>
<p>Mais la coca est aussi l’une des plantes les plus anciennes de la région andine et sa culture est interdite aux Etats membres de l’ONU à travers la Convention contre les Stupéfiants de 1961. Ce document a souvent été critiqué, notamment par le président bolivien Evo Morales qui, feuilles de coca en main, défendait la plante séculaire à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies. La confusion qui règne entre les nombreux usages de la coca et sa transformation en cocaïne n’a pas empêché la croissance des surfaces cultivées, pérennisant les pratiques andines traditionnelles (infusion, anesthésiant) autant que les usages illicites (les extraits de coca ont été supprimés de la recette du Coca-Cola depuis 1929).</p>
<p><strong>… mais augmentation en Bolivie et au Pérou</strong></p>
<p>Le rapport du JIFE confirme que cette tendance à la réduction de la production dans la région n’est pas uniforme : entre 1999 et 2008 la superficie de cultures de coca a augmenté de 45% au Pérou. Ce pays est actuellement le second producteur avec 302 tonnes annuelles, soit 36% de la fabrication mondiale estimée. Cette inquiétante augmentation fait craindre aux rédacteurs du rapport une « colombianisation » du Pérou et de la Bolivie, et encouragent vivement les gouvernements à intensifier leurs efforts sans attendre que ce trafic devienne un problème insoluble comme en Colombie.</p>
<p>Le pourrissement du conflit colombien, politique à l’origine, est principalement du à l’explosion du trafic de cocaïne dans les années 1980. Dans des Etats où plus de 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté avec moins de 2 dollars par jour, les activités illégales représentent souvent l’unique voie envisageable pour améliorer le quotidien.</p>
<p>Bien que ce type d’échanges soit très difficile à mesurer, de nombreux économistes s’accordent à dire que les activités illégales sont depuis longtemps la première source de revenu en Colombie. Cette richesse nationale non comptabilisée rend caduque les indicateurs classiques tel que le PIB pour rendre compte de l’activité réelle du pays.</p>
<p>Plus encore que l’économie licite, les trafics provoquent une répartition très inégale des richesses produites, les abondantes petites mains du trafic (cultivateurs, transporteurs, transformateurs) n’en récoltant que quelques miettes.</p>
<p>Le rapport indique que si les tendances actuelles se confirment, le Pérou pourrait devenir le principal producteur mondial de cocaïne d’ici à cinq ans, information qui a été peu reprise dans la presse péruvienne.</p>
<p><strong>Xavier CAILLARD</strong>.</p>
<p>Photo: Vente de feuilles de coca au poids, sur un marché péruvien. Source : Flickr, photo de Anabelle Handdoek</p>
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		<title>Le pétrole ravive de mauvais souvenirs entre l&#8217;Argentine et la Grande-Bretagne</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 20:52:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Americagora</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dimanche 20 février, l’Assemblée Législative qui dirige les îles Malouines a annoncé que des prospections pétrolières à 150 Km au Nord des côtes de l’archipel avaient été entamées par la compagnie britannique Desire Petroleum&#8230;
Le bras de fer diplomatique qui dure depuis une dizaine de jours entre Cristina Kirchner et le gouvernement de Londres semble donc [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dimanche 20 février, l’Assemblée Législative qui dirige les îles Malouines a annoncé que des prospections pétrolières à 150 Km au Nord des côtes de l’archipel avaient été entamées par la compagnie britannique Desire Petroleum&#8230;<span id="more-1369"></span></p>
<p>Le bras de fer diplomatique qui dure depuis une dizaine de jours entre Cristina Kirchner et le gouvernement de Londres semble donc pour l’instant sans issue, ranimant le souvenir de la guerre de 1982 entre les deux pays.</p>
<p>Sous occupation britannique depuis 1833, les îles Malouines (3000 habitants) ont toujours été une source de conflits. La brève guerre de 1982 avait été provoquée par une junte militaire argentine alors à bout de souffle, qui avait envahit les îles avec l’espoir de relancer un sentiment patriotique unificateur. La facile victoire britannique permit un retour à la démocratie en Argentine sans pour autant régler la question de la souveraineté de ces territoires au climat hostile.</p>
<p><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/02/Malouines.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1370" style="border: 1px solid black; margin: 1px;" title="Malouines" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/02/Malouines-300x200.jpg" alt="Malouines" width="300" height="200" /></a>Le spectre d’une nouvelle guerre a cependant rapidement été écarté par les deux parties. Les Britanniques insistant sur le fait que les troupes présentes sur place l’ont toujours été dans le but d’assurer  la sécurité des habitants, et les Argentins lançant une offensive diplomatique tout azimut à l’ONU et auprès de l’ensemble des Etats latino-américains afin de condamner le Royaume-Uni. Le président vénézuélien Hugo Chavez a lui annoncé, s’adressant à « <em>madame la Reine</em> » que l’Argentine ne serait plus seule en cas de « <em>nouvelle agression </em>».</p>
<p><strong>Enjeux pétroliers</strong></p>
<p>Comme le souligne le quotidien  <em>La Nación, </em>la présence de pétrole au large des îles est connue depuis longtemps mais l’augmentation des cours du brut de ces six dernières années aura été nécessaire pour rendre son exploitation rentable. Les réserves estimées sont très variables : la presse argentine avance des chiffres qui doubleraient les réserves actuelles connues du pays, d’autres sources donnent des estimations bien moindres. Le communiqué de l’Assemblée Législative des îles Malouines précise cependant que quatre compagnies britanniques d’exploration vont tenter de déterminer la quantité réelle de pétrole exploitable, prouvant l’important enjeu économique.</p>
<p>En plus de la traditionnelle revendication de souveraineté territoriale, la propriété des potentielles découvertes est bien sur l’issue majeure des tensions actuelles. Le gouvernement argentin a demandé aux compagnies britanniques de lui faire connaitre la teneur exacte de leurs futures découvertes.</p>
<p><strong>La communauté internationale face à ses contradictions</strong></p>
<p>Le ministre argentin des affaires étrangères doit rencontrer cette fin février le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon. Il rappelle que plusieurs résolutions de l’Assemblée Générale de l’ONU ont invité la Grande Bretagne à discuter le sujet des îles Malouines avec l’Argentine, ce qu’elle a jusqu’ici toujours refusé.</p>
<p>Fort de son siège au Conseil de Sécurité, le Royaume-Uni bénéficie d’un droit de véto lui permettant d’empêcher toute tentative réelle d’intervention de la communauté internationale sur le sujet. Les résolutions de l’Assemblée Générale sont donc purement déclamatoires, et l’ont peut supposer l’embarras des autres grandes puissances face au thème récurrent de la souveraineté sur l’occupation des « poussières d’empires ».</p>
<p>L’Argentine a fait savoir qu’elle porterait le conflit devant la Cour Internationale de Justice, autre organe de l’ONU, si le Royaume-Uni continuait à refuser de négocier ce sujet. Elle revendique également la propriété des îles de Géorgie du Sud et Sandwich, inhabitées.</p>
<p><strong>Xavier Caillard</strong>.</p>
<p>Photo: Magic Wolrd, via Flickr.</p>
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		<title>Déboires au Venezuela et bataille de chiffres en Argentine</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 06:30:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Americagora</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La récente publication des chiffres de l&#8217;économie latino-américaine pour l&#8217;année 2009 ne doit pas masquer des situations parfois très contrastées entre les Etats. Tour d’horizon de trois pays atypiques. 
En matière d’économie, les disparités entre les pays latino-américains sont criantes. Des disparités que ne reflètent pas les indicateurs classiques, dont les derniers chiffres pour l’année [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La récente publication des chiffres de l&#8217;économie latino-américaine pour l&#8217;année 2009 ne doit pas masquer des situations parfois très contrastées entre les Etats. Tour d’horizon de trois pays atypiques. <span id="more-1366"></span></strong></p>
<p>En matière d’économie, les disparités entre les pays latino-américains sont criantes. Des disparités que ne reflètent pas les indicateurs classiques, dont les derniers chiffres pour l’année 2009 ont été publiés récemment. Certes, l’ont s’est félicité que la croissance du PIB, estimée à 1,8% en 2009 pour l’ensemble de la zone, soit positive. Ou encore que le taux de chômage &#8211; estimé à 8,3% en 2009 pour l’ensemble de la zone<a href="#_ftn1">[1]</a>, soit presque un point de plus par rapport à 2008, n’ait pas dépassé la barre symbolique des 10%. Mais certains pays tels le Venezuela, l’Argentine ou le Chili, révèlent des tensions et des phénomènes particuliers.</p>
<p><strong><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/01/Bolivar-billete.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1367" title="Bolivar billete" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2010/01/Bolivar-billete-293x300.jpg" alt="Bolivar billete" width="208" height="213" /></a></strong></p>
<p><strong>Inflation incontrôlée et nationalisation des supermarchés. </strong>Au Venezuela, le problème de l’inflation prend chaque jour plus d’ampleur. Elle s’établit officiellement à 25% pour l’année 2009, ce qui représente le plus fort taux de la région. Dans ce contexte de hausse des prix, le président Chavez a déclaré, le 8 janvier, vouloir dévaluer le Bolivar de 50%. Cette décision a évidemment provoqué, au sein de la population, des mouvements de consommation massive, les vénézuéliens anticipant une baisse de la valeur de leur épargne. Déjà dévaluée en 2004 et en 2005, la valeur de la monnaie demeure un des piliers de la politique économique d’Hugo Chavez pour favoriser les exportations de pétrole. Cette décision a été récemment mise en cause par l’ancien dirigeant de la banque centrale vénézuélienne dans une interview accordée au quotidien  <em>El Nacional</em>. Domingo Maza Zavala dénonce la vision de court terme qui a guidé cette décision « <em>au détriment de la population</em> ». La perspective des élections législatives de septembre prochain aurait influencé cette dévaluation pour renflouer les caisses de l’Etat et relancer les politiques publiques cruellement déficitaires. L’ancien directeur insiste sur le fait que cela pourrait être totalement contre productif, estimant possible une inflation de 45% pour 2010 qui annulerait tout le bénéfice de politiques publiques renouvelées.</p>
<p>Afin de contrer cette prédiction le président a menacé de fermeture forcée tous les magasins qui pratiqueraient une hausse « spéculative » des prix. <em>Libération </em>dans son édition du 18 janvier a ainsi révélé que des supermarchés <em>Éxito </em>(dont le groupe français Casino est l’actionnaire majoritaire) ont été investis par la garde nationale dans le but d’être nationalisés, de même que de nombreux autres commerces de Caracas. Toujours pour contrer une inflation incontrôlée, la dévaluation a été divisée en deux : un dollar s’échange contre 2,60 bolivars pour l’importation de produits de première nécessité (santé, alimentation) et contre 4,30 bolivars pour les autres produits.</p>
<p>En <strong>Argentine</strong>, la publication des chiffres de l’inflation pour l’année 2009 a provoqué une véritable bataille de chiffres. Le 15 janvier, l’Indec, l’institut national des statistiques argentin, publie le chiffre de 7,7% d’inflation pour 2009. Un chiffre rapidement mis en cause par bon nombre d’institutions privées en raison du changement, depuis 2007, des méthodes de calcul employées par l’Institut. L’agence <em>Buenos Aires City</em>, dirigée par l’ancienne présidente de l’Indec Graciela Bevacqua, a ainsi calculé un taux d’inflation à 15%, tandis que la fondation de recherches économiques latino-américaines avance, de son côté, un chiffre supérieur à 17%. Cette polémique autour des statistiques officielles rappelle celle qui touche le DANE colombien, qui ne publie plus les chiffres de la pauvreté depuis 2005.</p>
<p><strong>Le Chili entre dans le club des pays riches. </strong>Autre son de cloche de l’autre côté des Andes. Admis le 11 janvier dernier au sein de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économique), le Chili est le second pays latino américain à rejoindre l’organisation internationale après le Mexique en 1994. La presse chilienne se félicite dans l’ensemble de cette adhésion achevant une période de croissance économique de presque vingt ans.</p>
<p>Le nouveau président élu ce dimanche 17 janvier, Sebastián Piñera (droite modérée), a affirmé pendant la campagne qu’il ne changerait pas la nature de la politique économique menée jusqu’ici par Michelle Bachelet.  La biologiste spécialiste de l’environnement Flavia Liberona nuance ces succès économiques, car si son pays a su passer les étapes de l’adhésion à l’OCDE, d’autres obligations non écrites ont été moins scrupuleusement respectées. <em>El mostrador </em>du 12 janvier<em> </em>publie ses interrogations, notamment sur le coût environnemental de la croissance chilienne, centrée sur l’exploitation de métaux et matières premières comme le cuivre. Une dégradation des conditions de vie qui a également un impact social. « <em>Les chiffres montrent que la brèche entre les plus riches et les plus pauvres a augmenté durant les gouvernements de la Concertación, phénomène qui trouve son corollaire en matière d’environnement (…). Ce sont précisément les secteurs les plus pauvres qui se sont vus affectés par les catastrophes et les changements climatiques. L’inégalité dans l’accès à l’eau, les inondations,  entre autres problèmes, augmenteront au fur et à mesure qu’augmentera la température de la Terre. » </em></p>
<p><strong>Xavier Caillard</strong><em> </em></p>
<p>Crédit photo: © Fernando Pinto</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref">[1]</a> d’après la <em>Commission Economique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, </em>un organisme dépendant de l’ONU</p>
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		<title>Corruption: 2/3 des pays latinoaméricains ont un &#8220;sérieux problème&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 13:45:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Americagora</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;ONG Transparency International a publié son rapport sur la perception de la corruption dans le monde. 31 pays d&#8217;Amérique latine sont évalués. Podcast.Plus d&#8217;un tiers des pays d&#8217;Amérique latine ont reçu une note inférieure à 5/10 sur l&#8217;échelle de corruption de l&#8217;ONG Transparency International qui a publié son rapport annuel mardi 24 novembre.
L&#8217;enquête est réalisée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&#8217;ONG Transparency International a publié son rapport sur la perception de la corruption dans le monde. 31 pays d&#8217;Amérique latine sont évalués. Podcast.</strong><span id="more-1328"></span>Plus d&#8217;un tiers des pays d&#8217;Amérique latine ont reçu une note inférieure à 5/10 sur l&#8217;échelle de corruption de l&#8217;ONG Transparency International qui a publié son rapport annuel mardi 24 novembre.</p>
<p><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/11/cpi2009_highres.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1330" style="border: 2px solid black; margin: 2px;" title="cpi2009_highres" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/11/cpi2009_highres-300x147.jpg" alt="cpi2009_highres" width="300" height="147" /></a>L&#8217;enquête est réalisée à partir de sondages auprès de dirigeants et de personnalités de l&#8217;opinion. Americagora s&#8217;est penché sur l&#8217;Amérique latine dans le rapport. Sujet sonore: <strong>Israel Ayala</strong>.</p>
<p><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/11/AMLAT2.mp3">AMLAT2</a></p>
<p>Pour consulter le rapport en entier, <a href="http://media.transparency.org/imaps/cpi2009/" target="_blank">cliquer ici</a>.</p>
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		<title>Un programme social bien utile pour Alvaro Uribe</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 19:29:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Americagora</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La campagne présidentielle approche. Uribe pourrait se représenter. Mais qu&#8217;en est-il de sa politique sociale et notamment du controversé programme Familias en Acción ?

 
Familias en Acción s’est créé sous la présidence d’Andrés Pastrana (1998-2002) mais a pris son essor au début du premier mandat du président Uribe dans le cadre nouveau de La Agencia [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La campagne présidentielle approche. Uribe pourrait se représenter. Mais qu&#8217;en est-il de sa politique sociale et notamment du controversé programme <em>Familias en Acción </em>?<em><span id="more-1300"></span><br />
</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em>Familias en Acci</em><em>ón</em> s’est créé sous la présidence d’Andrés<ins datetime="2009-11-13T16:49" cite="mailto:Jacobo%20Grajales"></ins><del datetime="2009-11-13T16:49" cite="mailto:Jacobo%20Grajales"></del> Pastrana (1998-2002) mais a pris son essor au début du premier mandat du président Uribe dans le cadre nouveau de <em>La Agencia presidencial para la acción social y la cooperación internacional</em>.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Cette agence gère plus de vingt programmes sociaux mais <em>Familias en acción</em> est le plus populaire, il est présenté comme un franc succès. L’objectif initial, défini avant l’arrivée du président Uribe, n’a pas changé : il s’agit de fournir une aide financière aux mères de famille ayant des enfants mineurs. Les bénéficiaires sont les familles aux revenus modestes, les familles indigènes et les familles déplacées victimes du conflit.</p>
<p>L’objectif principal est de faciliter la scolarisation des enfants à travers une aide dont le montant augmente avec l’âge des enfants. Elle varie de 30 000 pesos mensuels (10 euros) pour un enfant à l’école primaire à 470 000 pesos annuels (156 euros) pour un jeune étudiant à l’université. Une aide à la nutrition de 17 euros mensuels est également versée pour chaque enfant de moins de sept ans.</p>
<p><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/11/bandera.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1304" style="border: 1px solid black; margin: 1px;" title="bandera" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/11/bandera-300x211.jpg" alt="bandera" width="300" height="211" /></a>Le montant des aides est peu élevé dans l&#8217;absolu, mais comme elles se destinent aux gens les plus modestes, elles sont souvent indispensables. Elles sont versées aux familles classées &#8220;sisben 1&#8243;, c&#8217;est à dire les plus pauvres avant les indigents : pour une famille avec 2 enfants, moins de 10 euros de revenus journaliers.</p>
<p>La particularité de ce programme est d’imposer des contreparties à travers la vérification d’un certain nombre d’obligations. Les enfants doivent assister à au moins 80% des heures de classe et se rendre à tous les contrôles médicaux obligatoires programmés par le régime de santé auquel leur famille est affiliée. Les familles s’engagent par ailleurs à assister aux réunions de formation et aux journées d’information organisées par leur mairie.</p>
<p>Cette politique de contrôle des familles bénéficiaires a été imposée par les bailleurs de fonds internationaux du programme : à sa création, la presque totalité des crédits provenaient de la Banque Mondiale et de la Banque Interaméricaine de Développement. Aujourd’hui le financement provient pour moitié de l’Etat colombien et pour moitié de soutiens internationaux.</p>
<p><strong> Raisons d&#8217;un succès</strong></p>
<p>La principale explication du succès populaire de <em>Familias en Acción</em> est l’augmentation du nombre de familles couvertes : elles sont passées de 250 000 à la prise de pouvoir d’Alvaro Uribe à presque 2.5 millions début 2009. Cela s’est accompagné d’une extension de la couverture géographique, l’objectif étant de couvrir tout le pays à la fin 2010.</p>
<p>Un succès moins visible mais tout aussi important est l’augmentation de l’assistance scolaire qui est passée de 77 à 89,2% en zone rurale, ce chiffre atteignant 93.6% en zone urbaine  (succès également du aux politiques locales). Il ne s’agit cependant  pas d’une augmentation de la couverture scolaire, mais d’une meilleure présence à l’école d’enfants déjà scolarisés.</p>
<p>Autre aspect à mettre au crédit de ce programme : l’utilisation d’expériences similaires dans d’autres pays latino-américains (Brésil, Mexique, Chili) pour développer rapidement un modèle spécifique à la Colombie. Comme dans les pays précédemment cités, le travail s’est concentré sur les familles pauvres et sur les thèmes de l’éducation et de la santé. Au départ leur financement avait également été impulsé par des organismes internationaux avant que l&#8217;Etat n’en prenne une part importante. Les méthodes d’évaluation et de surveillance des familles bénéficiaires s’inspirent directement de ce qui a été fait au Brésil.</p>
<p><strong>Une agence détournée à des fins électoralistes</strong></p>
<p>Plus que la nature du programme en lui même, c’est l’intense communication l’accompagnant qui suscite la gêne de nombreux observateurs. Par exemple, les longues files d’attentes qu’il crée chaque début de mois devant les banques chargées de distribuer l’aide sont savamment entretenues, elles ont fortement contribué à la visibilité de la politique présidentielle.</p>
<p>L’ancien président Andrés Pastrana soutient dans <em>El País</em> (30 juin 2009) que les fonds du programme sont manipulés directement par la présidence alors qu’il vaudrait mieux les confier à une administration indépendante, ce qui assurerait de plus sa pérennité pour les prochaines années: <ins datetime="2009-11-13T16:43" cite="mailto:Jacobo%20Grajales"></ins> « <em>Le président a 2,5 millions de dollars de subventions, gérés directement depuis son bureau et il dit qu’il veut les augmenter. Cela requiert une vigilance particulière (…), ou tout au moins de trouver un moyen immédiat pour contrôler l’utilisation de l’argent public, l’accès aux moyens, et l’assignation des ressources dans les mains du président aspirant à la réélection ».</em></p>
<p>La sénatrice libérale Cecila Lopez Montano, pré-candidate pour l’élection de 2010, est plus sévère : « <em>Familles en Action est de la pure politique, les pauvres ont besoin d’emplois, pas de pourboires. Cela devait être un programme de transition, ciblé et dépolitisé. Uribe est en train de faire le contraire : un programme massif et politisé</em> ».</p>
<p>Ces critiques se combinent en fait avec la contestation qui s’élève contre un éventuel troisième mandat du président Uribe. <em>Familias en Acción</em><em> </em>est perçu comme l’un des outils de campagne du président afin d’asseoir sa popularité, et non comme une administration à part entière. Les très récentes évolutions du programme, en période pré électorale, confirment ces points de vue : extension de l’aide pour les étudiants du supérieur, communication massive sur la  volonté de passer à 3 millions de familles couvertes avant 2010, innovation avec le versement par distributeurs automatiques qui était réclamé depuis longtemps<ins datetime="2009-11-13T16:46" cite="mailto:Jacobo%20Grajales"></ins> (et qui éviterait les files d’attentes), etc.</p>
<p>Le directeur de l’agence présidentielle d<em>’Acción Social</em>, Fernando Sanchez Prada, se défend en disant que si toute politique peut être susceptible de manipulation, les seules plaintes à propos de <em>Familias en Acción</em> ont été présentées contre quelques maires, au niveau local, pour tentative de corruption. Il souligne de plus la pérennité du programme : « <em>Ce programme a traversé deux gouvernements, trois administrations, et est en train de devenir une politique publique de l’Etat»</em>.</p>
<p>Il ajoute de plus que le statut d’agence présidentielle permet une plus grande réactivité, en évitant les lourdeurs bureaucratiques inhérentes à toute administration. En effet le programme est de taille modeste en comparaison des fonds gérés et les objectifs assignés : 2000 personnes travaillent pour <em>Acción Social</em> parmi lesquelles 280 se consacrent à <em>Familias en Acción</em> (200 à Bogota et 80 en province, mais ce chiffre est en rapide augmentation).</p>
<p>C’est justement ce statut d<ins datetime="2009-11-13T16:48" cite="mailto:Jacobo%20Grajales"></ins>&#8216;agence présidentielle qui suscite des critiques. S’il permet une plus grande réactivité et efficacité, il demeure précaire. Quid de cette organisation en cas de changement de président ? Certains observateurs n’hésitent pas à affirmer que si le président n’a pas officialisé par une loi le statut de cette agence, c’est pour mieux pouvoir jouer sur la menace de sa disparition en cas de non réélection.</p>
<p><strong>Xavier CAILLARD</strong></p>
<p>Photo: Flickr Chilangoco.</p>
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		<title>Lithium bolivien: ne pas reproduire les erreurs du passé</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 22:34:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Americagora</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Economie]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 9 septembre dernier le groupe français Bolloré a présenté au gouvernement bolivien un projet de partenariat industriel en vue d’exploiter le lithium de la région d’Uyuni, la plus grande réserve connue aujourd’hui.
40% des réserves mondiales
L’extraction puis la transformation du lithium représentent un véritable enjeu pour les pays développés, ce métal étant présent dans presque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 9 septembre dernier le groupe français Bolloré a présenté au gouvernement bolivien un projet de partenariat industriel en vue d’exploiter le lithium de la région d’Uyuni, la plus grande réserve connue aujourd’hui.<span id="more-1291"></span></p>
<p><strong>40% des réserves mondiales</strong></p>
<p>L’extraction puis la transformation du lithium représentent un véritable enjeu pour les pays développés, ce métal étant présent dans presque toutes les batteries des produits de consommation nomade (sous le fameux sigle « li-ion »). Les accus des téléphones ou des ordinateurs portables n’en contiennent cependant que des quantités modestes : le vrai défi est lié à l’industrie automobile et au rapide développement des voitures électriques. Plus performant que le nikel (qui équipe les batteries de la Toyota Prius), le lithium est qualifié de nouvel « or gris » et  l’exploitation à l’échelle de la planète n’en est qu’à ses prémisses.</p>
<p>A ce jour les principaux gisements sont situés à la tri frontière entre l’Argentine, le Chili et la Bolivie. Le Chili, premier producteur mondial grâce aux réserves du plateau de l’Atacama, a été précurseur dans la commercialisation du précieux métal. Une étude du ministère des mines bolivien pourrait bien faire changer la donne, elle estime que près de 40% des réserves terrestres de lithium seraient situées sous le gigantesque désert de sel d’Uyuni (12 000 km², soit la superficie de l’Ile de France).</p>
<p><strong>Enjeu de pouvoir</strong></p>
<p>Cette source de développement économique n’a pas échappé au président Evo Morales, qui dès son arrivée au pouvoir en janvier 2006, avait fait modifier la constitution pour que toutes les réserves de matières premières découvertes dans le pays appartiennent à l’Etat.</p>
<p>Le quotidien Libération reprend les paroles du président qui affirme que «Nous avons besoin de partenaires, pas de propriétaires du lithium. Il est hors de question que l’Etat perde le contrôle et la possession du métal.»</p>
<p>La Bolivie a en effet toujours souffert de l’exploitation de ses ressources naturelles sans que cela ne serve à son développement. Principal fournisseur d’or et d’argent du temps de la colonisation espagnole, le pays veut aujourd’hui développer des partenariats industriels à son avantage et sortir du modèle de la mono-activité qui a nuit à de nombreux pays en voie de développement.</p>
<p>Le groupe français Bolloré  apparait bien placé dans la course à l’exploitation de ce gisement. Son projet a retenu l’attention du gouvernement car il comprend deux années « préliminaires » durant lesquelles les scientifiques français devraient aider le ministère des mines bolivien à extraire et analyser le lithium. Une première usine d’extraction est en construction (à capitaux 100% boliviens) et c’est à travers cette unité que le groupe Bolloré devrait fournir son aide technique. A terme la multinationale semble accepter l’idée que des usines de fabrication de batteries soient situées sur le territoire bolivien.</p>
<p>Néanmoins certaines clauses de ces contrats d’association restent à éclaircir. Comme les entreprises concurrentes (japonaises, cornéenne et brésilienne), le groupe français, s’il emporte le premier marché, souhaiterait conserver l’exclusivité de cette exploitation pour protéger ses approvisionnements des fluctuations du marché.  En cinq ans le cours du métal est passé de 260 à 2 300 euros la tonne comme le rappelle le quotidien bolivien La Prensa.</p>
<p><strong>Inquiétudes écologiques</strong></p>
<p>L’exploitation économique de cette nouvelle ressource amène d’autres préoccupations. Réduire les émissions de gaz polluants en Europe (le projet de « Blue Car » de Bolloré est 100% électrique) ne doit pas se faire au détriment de l’environnement d’autres territoires. En plus de la santé des ouvriers, à l’espérance de vie très réduite dans les mines boliviennes, l’extraction du lithium impose une utilisation importante de mercure qui contamine les eaux et les sols des terres environnantes.</p>
<p>Par ailleurs, le salar d’Uyuni est considéré comme l’un des sites naturels les plus spectaculaires d’Amérique Latine et l’exploitation de son sous-sol abimerait inévitablement la couche de sel. Le tourisme et le commerce du sel constituent actuellement les seules (modestes) sources de revenus de cette région isolée au climat hostile.</p>
<p><a href="http://www.americagora.com/le-salar-duyuni-en-images/1290" target="_blank">Découvrez le Salar d&#8217;Uyuni en photos avec notre diaporama</a>.</p>
<p>Xavier CAILLARD</p>
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		<title>Amérique centrale : où en est l’intégration régionale ?</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 13:27:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Americagora</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que l’Amérique du sud progresse sur le plan de l’entente régionale, les projets d’union semblent au point mort en Amérique centrale. L’intégration serait pourtant un puissant vecteur de résolution des crises multiples de la région. Analyse.
La récente crise hondurienne n’a pas laissé le processus d’intégration indemne, d’autant que la région est confrontée à quatre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que l’Amérique du sud progresse sur le plan de l’entente régionale, les projets d’union semblent au point mort en Amérique centrale. L’intégration serait pourtant un puissant vecteur de résolution des crises multiples de la région. Analyse.</strong><span id="more-1276"></span></p>
<p>La récente crise hondurienne n’a pas laissé le processus d’intégration indemne, d’autant que la région est confrontée à quatre difficultés majeures : crise économique, crise alimentaire, nécessité de défense de la méga-diversité, explosion de la violence, etc. Bien que ces enjeux soient autant de priorités politiques auxquelles les gouvernements centraméricains devraient être capables de répondre collectivement, la dynamique politique régionale semble paralysée.</p>
<p><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/10/banderas-CA.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1279" title="banderas CA" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/10/banderas-CA-300x182.jpg" alt="banderas CA" width="300" height="182" /></a></p>
<p><strong>L’Amérique Centrale est confrontée à une grave crise politique d&#8217;abord. </strong>Stable depuis plusieurs années, la région a connu avec la crise hondurienne son premier conflit politique de grande ampleur depuis la fin de la Guerre Froide. Le renversement brutal du président Manuel Zelaya et son exil au Costa Rica ont marqué un coup d’arrêt à la stabilité démocratique de la région. A de nombreux égards, la crise hondurienne s’est imposée comme une préoccupation profondément régionale. Immédiatement, les pays membres du « C-4 » (Nicaragua, Honduras, Salvador et Guatemala) ont décidé conjointement de fermer leurs frontières en signe de pression pour que le gouvernement illégitime de Micheletti cesse ses activités et restitue Manuel Zelaya au pouvoir. A partir de ce moment, débute une « <em>valse centraméricaine </em>». Daniel Ortega tentera dans un premier temps de favoriser le retour de Zelaya en l’aidant à passer la frontière. En vain. L’échec d’Ortega précipitera la médiation du président costaricain, prix Nobel de la paix, Oscar Arias. Cette médiation, initiée le 9 juillet, s’achève le 18 sur un échec du plan de paix pour le Honduras. Installé au nord du Nicaragua, près de la frontière hondurienne, Manuel Zelaya attendra le 21 septembre avant de pouvoir faire son retour, en se réfugiant dans l’Ambassade du Brésil.<strong> </strong></p>
<p><strong>Au niveau économique</strong>, la situation est également extrêmement complexe. Le Fond Monétaire International (FMI) vient d’annoncer que « <em>la reprise tardera à venir en Amérique Centrale</em> », les indicateurs étant dans le rouge depuis plusieurs mois. Toujours selon les prévisions du FMI, les économies centraméricaines devraient décroître de 0,7% en 2009 sous l’effet conjugué de la chute du tourisme et des « <em>remesas</em> ». Si la baisse des transferts d’argent, les « <em>remesas</em> », semble trouver son origine dans la crise économique mondiale, la chute du tourisme devrait continuer de s’accentuer sous l’effet conjoint  de la crise hondurienne et de l’explosion régionale de la violence.</p>
<p>L’arrêt des négociations commerciales avec l’Union européenne (Accord d’Association, AdA) constitue une autre conséquence économiquement dommageable pour la région. Le FMI a enfin fourni un signal négatif en annonçant le ralentissement important de l’économie costaricienne (-1,5% de PIB en 2009), économie qui tirait encore récemment la région vers le haut.</p>
<p><strong>La crise alimentaire</strong> constitue <a href="http://www.infolatam.com/entrada.jsp?id=16061" target="_blank">un enjeu politique supplémentaire dans la région</a>. Le Guatemala subit actuellement les conséquences dramatiques d’une période de sécheresse prolongée, avec notamment la disparition d’une grande partie des récoltes du pays. Cette crise alimentaire est la plus grave recensée depuis 30 ans selon l’Institut National de Sismologie, Vulcanologie, Météorologie et Hydrologie (Insivumeh). Le Président du Guatemala, Alvaro Colom, a soumis au vote du Congrès l’état de « calamité publique ». Faute de quorum lors de la séance, le projet n’a pas été adopté.</p>
<p>La convergence de ces facteurs donne lieu à <strong>une explosion de la violence</strong>, qui est un problème endémique en Amérique Centrale. L’accroissement de la pauvreté, l’exacerbation des inégalités et l’exclusion de proportions importantes des populations génèrent inévitablement les conditions de l’insécurité et de la violence. Dans<a href="http://www.infolatam.com/entrada.jsp?id=16752, " target="_blank"> le récent rapport du PNUD</a>, l’Amérique Centrale vient d’être déclarée « <em>une des régions les plus violentes du monde</em> » avec un taux d’homicides de 33 pour 100.000 habitants en 2008, un taux trois fois supérieur à la moyenne mondiale. Le Honduras possède le taux d’homicides (58/100 000) le plus élevé d’Amérique Centrale, devant le Salvador (52) et le Guatemala (48). Selon le PNUD, la violence aurait coûté jusqu’à présent à la région près de 6.506 millions de dollars, soit 7,7% du Produit Intérieur Brut de toute l’Amérique Centrale.</p>
<p>Conjuguée à la violence physique croissante, la corruption demeure un problème très présent dans la région. La délinquance comme la corruption possèdent deux dimensions. La perception de ces phénomènes compte autant dans les sociétés que le nombre véritable de faits. Concernant la corruption, les chiffres du <em>Latinobarómetro</em> (2008) montrent que la perception de ce phénomène est supérieure aux faits constatés. Au Honduras, 80% des fonctionnaires sont perçus comme corrompus, 76,2% au Guatemala, 72,3 au Salvador, 69% au Nicaragua et 64% au Costa Rica.</p>
<p><strong>L’appel à la survie de l’intégration centraméricaine</strong></p>
<p>Dans ce contexte de crise généralisée, la région centraméricaine a tenu à célébrer son 188<sup>ème</sup> anniversaire, le 15 septembre dernier, date d’indépendance de la Couronne espagnole. Seule ombre au tableau, la « <em>Antorcha de la libertad</em> », sensée traverser la région, a évité cette année le Honduras sous la pression des groupes de la société civile et du Movimiento de Resistencia Popular. Certains acteurs politiques ont profité  de cette célébration pour prôner l’action régionale et remettre au premier plan le processus d’intégration.</p>
<p>Le Salvador est le premier Etat à avoir manifesté sa volonté de travailler pour un renouveau de l’intégration centraméricaine. Le ministre des Relations extérieures du Salvador, Hugo Martinez, a réitéré lors d’une réunion rassemblant les membres du SICA, l’attachement du gouvernement du président Mauricio Funes à relancer le processus d’intégration régionale.</p>
<p>Lors d’une conférence intitulée « <em>Porqué una Centroamerica integrada ?</em> », le 30 septembre 2009, à l’Université Catholique de San Salvador, le Secrétaire Général du SICA, Juan Daniel Aleman Gurdián, a appelé de ses vœux une sortie rapide de la crise économique en construisant un « <em>grand compromis centraméricain</em> ». Il souhaite pour cela approfondir un agenda stratégique et impulser le développement humain pour l’ensemble de la région, avec la participation de tous les secteurs.</p>
<p>Aleman Gurdián propose de « <em>renforcer le commerce intra-régional, à travers l’établissement et le fonctionnement effectif de l’union douanière et la libre mobilité des capitaux</em> ». Le même jour, se tenait dans la capitale une réunion du SICA au cours de laquelle les Etats centraméricains ont élaboré un plan régional destiné à améliorer la sécurité alimentaire et à sortir de la pauvreté des familles de la région. Ce plan devrait fournir une aide financière à près de 23 671 familles en situation de très grande pauvreté. Ce Programme Régional de Sécurité Alimentaire et Nutritionnel pour l’Amérique Centrale, qui s’étalera sur une période de cinq années, a reçu le soutien massif de l’Union européenne avec une subvention de 12 millions d’euros.</p>
<p>D’autre part, pour trouver un remède à la crise économique, l’idée de renforcer le commerce intra-régional a été mise sur la table par la fédération des exportateurs centraméricains (FEDEPRICAP). Ce regroupement d’exportateurs de la région a fait part de la nécessaire réactivation des négociations avec l’Union européenne. Ils ont exhorté les gouvernements de la région à trouver un compromis pour harmoniser les processus de facilitation commerciale afin de contribuer à l’avancée de l’intégration centraméricaine. Selon FEDEPRICAP, « <em>en ces temps où la crise économique donne des signes d’atténuation, l’important est de se concentrer sur les énergies politiques, entrepreneuriales et sur la communauté internationale pour que l’Amérique Centrale améliore sa compétitivité pour profiter des opportunité de la reprise économique mondiale</em> ».</p>
<p><strong>Intégration sociale ou libérale ?</strong></p>
<p>Dans le schéma actuel d’intégration, deux visions s’opposent.  Une première qui cherche à trouver des forces au sein même de la région, favorisant et promouvant la coopération entre Etats non seulement pour sortir de la crise économique mais également pour trouver une porte de sortie aux enjeux régionaux que sont l’insécurité, le développement humain et la démocratie. La posture du président salvadorien Mauricio Funes est à ce titre exemplaire, de même que celle du Secrétaire Général du SICA, Juan Daniel Aleman Gurdián. Une seconde vision s’attache à trouver des solutions à l’extérieur de la région, en promouvant exclusivement des leviers économiques et commerciaux. Faire avancer le néolibéralisme et implémenter les mesures économiques libérales en sont les principaux mots d’ordre.</p>
<p>Dans l’entre-deux, un nombre infini de voix restent inaudibles. Pourtant, les organisations sociales, populaires, indigènes, environnementalistes, développementalistes, ne cessent de descendre dans les rues pour manifester leur mécontentement. En dépit de l’existence d’institutions destinées à intégrer les populations dans les prises de décision politiques (<em>Comité Consultativo del SICA, CC-SICA et Secretaria de Integracion Social Centroamericana, SISCA</em>), jusqu’à présent, l’intégration régionale s’est faite sans prendre en compte les besoins et demandes des populations. Néanmoins, celles-ci peuvent aujourd’hui constituer le berceau d’un nouvel imaginaire politique commun destiné à promouvoir non plus seulement l’intégration économique et politique mais également l’intégration sociale… l’intégration des peuples.</p>
<p><strong>Kevin PARTHENAY</strong>*</p>
<p>A lire aussi sur le sujet:</p>
<p>- Centre d’Etudes Interaméricaines, Université de Laval, « L’intégration faciliterait la sortie de la crise en Amérique centrale », <a href="http://www.cei.ulaval.ca/le_cei/nouvelles_du_cei/article/1311/lintegration-faciliterait-la-sortie-de-la-crise-en-amerique-centrale/">http://www.cei.ulaval.ca/le_cei/nouvelles_du_cei/article/1311/lintegration-faciliterait-la-sortie-de-la-crise-en-amerique-centrale/</a>, (21/10/2009)</p>
<p>*Kevin Parthenay est<strong> </strong>doctorant en Sciences Politiques à Sciences Po Paris. Ses travaux de recherche portent sur l’influence des mobilisations sociales sur les processus d’intégration régionale en Amérique Centrale et dans la région andine. Il a travaillé pour le ministère des Affaires étrangères et européennes, et est actuellement consultant dans une entreprise de conseils en intelligence économique et affaires stratégiques.</p>
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		<title>Chili: un barrage électrique fait polémique</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Sep 2009 13:43:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Agathe Marin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Economie]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Chili est l&#8217;un des seuls pays au monde où l&#8217;eau est privatisée. Une bataille s&#8217;engage autour d&#8217;un projet hydroélectrique géant au sud du pays.<strong><span id="more-914"></span></strong></p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_919" class="wp-caption aligncenter" style="width: 578px"><a href="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/09/2300833078_43194aea52_o.jpg"><img class="size-medium wp-image-919" style="border: 2px solid black; margin: 2px;" title="Vue du rio Baker, photo Flickr Betoscopio" src="http://www.americagora.com/wp-content/uploads/2009/09/2300833078_43194aea52_o-300x225.jpg" alt="Village de Caleta Tortel, en partie menacé par la construction du barrage" width="568" height="425" /></a><p class="wp-caption-text">Village de Caleta Tortel, en partie menacé par la construction du barrage</p></div>
<p>Depuis qu’un sondage Ipsos a révélé que 57% des Chiliens s’opposaient au projet d’Hidroaysén (selon le journal <a href="http://www.elciudadano.cl/" target="_blank">El Ciudadano</a>), le débat a fait irruption dans la campagne électorale en vue des présidentielles de décembre 2009. Les deux candidats les plus en vue, Eduardo Frei de la  Concertación et Sebastián Piñera de Renovación Nacional, qui appuyaient le projet en début de campagne, ont revu leurs copies. <em>« Nous allons étudier tous les projets, sans en écarter aucun à priori, mais notre priorité ce sont les énergies renouvelables, non conventionnelles et propres</em><em> »</em><em> </em>a ainsi modéré Sebastián Piñera.</p>
<p>Ce projet, à l’étude depuis les années 1980 prévoit la construction de cinq barrages sur les rivières Baker et Pascua dans la région d’Aysén, en Patagonie, à l’extrême sud du Chili. Ce complexe hydroélectrique, d’une puissance de 2750 MW devrait être capable de produire annuellement l&#8217;équivalent de 35% de la consommation actuelle en énergie du Chili.</p>
<p>Cependant, de nombreuses associations réunies dans le Conseil de Défense de Patagonie, s’opposent fermement à la construction de ce projet qui menacerait l’équilibre écologique et social de cette région australe emblématique. Près de 6.000  hectares devraient être inondés, sans compter l’installation de quelques 6.000 tours électriques le long des 2.300 kilomètres reliant cette région isolée et montagneuse au centre et au nord du Chili. Cette énergie est en effet destinée en majorité à la région métropolitaine de Santiago et aux régions d’industries minières.</p>
<p><strong>Rivières privatisées.</strong> Les entreprises Endesa et Colbún, qui ont lancé le projet en fondant la société anonyme Hidroaysén en 2006, tentent de démontrer la nécessité du projet en invoquant une possible crise énergétique à venir. Et alors qu&#8217;elles présentent Hidroaysén comme un projet &#8220;vert&#8221;, les opposants dénoncent les dégâts catastrophiques que causerait la construction de tels barrages sur la faune et la flore unique au Chili.</p>
<p>L’impact sur le tourisme est une autre source d’inquiétude : selon une étude de l’université du Chili auprès des touristes de la saison 2008, le tourisme pourrait reculer de 70% si ces centrales se construisaient. Or, la région, qui a misé sur la préservation de l’environnement, vit aujourd’hui en grande partie de la manne financière des touristes étrangers.</p>
<p>Hidroaysén rétorque que de nombreuses constructions<span style="text-decoration: line-through;"> </span>seront souterraines afin de ne pas endommager le paysage et donc de ne pas restreindre le tourisme. Et assure que les centrales créeront quelques 5.000 emplois sur 11 ans, <em>«  dont une partie sera recrutée dans la région »</em></p>
<p><em> </em><strong> </strong>Avec l’affaire Hidroaysén, la question du monopole énergétique est relancée : l’entreprise espagnole Endesa et la chilienne Colbún qui détiennent déjà 74% de la production d’électricité au Chili, pourraient contrôler presque 90% du marché de l’énergie une fois les mégacentrales construites. Mais c’est surtout la privatisation de l&#8217;eau qui fait débat. L’article 24 de la constitution chilienne adoptée sous l&#8217;ère du dictateur Augusto Pinochet prévoit que tout propriétaire d&#8217;un cours d&#8217;eau en dispose librement, contrairement à de nombreux pays où l&#8217;eau est propriété de l&#8217;Etat.</p>
<p><strong>Campagne de nationalisation.</strong> Or, la majorité des rivières en Patagonie appartiennent à des entreprises étrangères, comme l’espagnole Endesa, la suisse Xstrata ou l’américaine Aes Gener, Ces droits de propriétés ont été accordés quasi gratuitement à la toute fin du gouvernement de Pinochet.</p>
<p>Personne ne peut donc juridiquement s’opposer à la construction de barrages hydro-électriques, dont Hidroaysén n’est qu’un projet parmi d’autres.</p>
<p>Diverses associations écologistes soutenues par des sénateurs du Parti Radical Social Démocrate, du Parti Pour la Démocratie ou encore du Parti Socialiste ont d’ailleurs lancé une campagne de nationalisation de l’eau. « Recuperar el agua para Chile » défend, entre autres, un projet de réforme constitutionnelle visant à faire reconnaître l’eau comme un bien d’usage public.</p>
<p><em>« L’eau est une ressource stratégique et rare, comme le pétrole, et il n’est pas possible qu’une seule entreprise, comme Endesa, soit- propriétaire de 90% des droits de la seconde réserve d’eau de la planète, qui se trouve en Patagonie. (…) Il n’y pas d’autre pays au monde qui ait un modèle si libéral dans le marché de l’eau »,<strong> </strong></em>a précisé le sénateur Guido Girardi du Parti Pour la Démocratie.</p>
<p>Le combat contre la construction des mégabarrages de Hidroaysén est donc devenu le symbole d’une lutte beaucoup plus globale, celle du droit à l’eau, comme l’a déclaré Danielle Mitterrand <a href="http://www.france-libertes.fr/article.php3?id_article=631" target="_blank">venue soutenir</a> les opposants à Hidroaysén en avril 2009. Le Conseil de Défense de Patagonie &#8211; qui rassemble plus de 50 associations opposantes au projet, entend d’ailleurs médiatiser son combat : Daniel Cohn-Bendit et d’autres eurodéputés sont ainsi attendus en septembre. En attendant, Hidroaysén a décidé de retarder la publication de son étude d’impact environnemental. La bataille s’annonce encore longue.</p>
<p><strong>Agathe MARIN</strong></p>
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